Hôtel de Juigné

Vue arrière et avant de l'Hotel de Juigné vers 1660 et en 1833

Source: Mouton, Léo, Le manoir de Jean Bouyn et l'école des Beaux-arts, H. Champion (Paris) 1912.

 

L'hôtel de Juigné était situé au 11-13 quai Malaquais. Ce bâtiment se trouve sur ce qui était le grand Pré-aux-Clercs. Le terrain appartenait à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Jean Bouyn, barbier-chirurgien, achète, en 1541, un lot à l'abbaye et fait aménager le terrain pour y construire un clos et une maison couverte d'ardoises. Prosper Bouyn, son fils, devient propriétaire de la maison. Le 7 septembre 1585 il vend la maison à Hugues de Castellan, seigneur de Castelmore, chevalier de la reine de Navarre. Le 7 juin 1599, Renée Forget, veuve d'Hugues de Castellan, vend la propriété à Renée Lebeau qui la revend dès 1603 au sieur Gillet celui-ci signe un bail avec la congrégation des frères de la Charité. La maison devient un hôpital. La maison de Jean Bouyn est détruite après 1608 quand les frères de la Charité quittent le lieu après un échange. Le terrain fait alors partie des jardins de l'hôtel de la Reine Marguerite de Valois jusqu'à sa mort, en 1615. Louis XIII en devient propriétaire par héritage, mais l'ensemble est vendu le 22 mars 1622 pour rembourser les dettes de celle-ci. Il s'est appelé successivement hôtel Le Barbier du nom du financier Louis Le Barbier qui avait fait construire cet hôtel en 1630-1632 par l'entrepreneur Étienne Gousseault suivant les plans de l'architecte du roi Clément Métezeau. Il devient par la suite hôtel de Loménie de Brienne, puis un temps hôtel de Conti, hôtel de Mazarin, hôtel du Plessis-Guénégaud. Il devient hôtel de Créquy en 1680 et jusqu'en 1709. Il passe ensuite au Duc de Lauzun jusqu'en 1733. Il est alors racheté par la princesse Louis-Adélaîde de Bourbon-Conti de la Roche-Guyon. Par héritage, il passe au Prince de Conti en 1750. Celui-ci le loue au Duc de Mazarin qui lui achète en 1768. En 1781, l'hotel passe par héritage au Duc de Valentinois, ruiné celui-ci le vend au Marquis de Juigné, acien ambassadeur en Russie, en 1785 pour 420.000 livres.

Dans L’Inconnu du pont Notre-Dame, Jean-François Parot y loge Sartine, alors ministre de la Marine de Louis XVI.

L'hôtel est saisi le 2 mai 1793 par les autorités révolutionnaires. A partir du 1er janvier 1796, l'hôtel acceuille un nouvel hôte en la personne du nouveau ministre de la Police , Joseph Fouché. L'hôtel devient ministère la Police puis également de la Justice, sous Fouché, malgré les demandes de restitution de la famille de Juigné, qui touche en contre partie une rente mensuelle de l'état. Il leur est restitué finalement en 1817 mais ils le vendent en 1820 à un entrepreneur Vincent Caillard, patron des Messageries générales. A sa mort en 1845, l'hôtel est rasé et le terrain vendu par lot. Le terrain reste vague jusqu'en 1855. Actuellement, on y trouve le bâtiment de l'école des beaux arts construit par Félix Duban entre 1858 et 1862.

Source: Mouton, Léo, Le manoir de Jean Bouyn et l'école des Beaux-arts, H. Champion (Paris) 1912.

 

 
 
Plan de l'étage de l'hôtel de Mazarin vers 1770 source Mouton, op.cit.