Le passage de la reine de Hongrie |
||
|
||
Ce qui reste du passage de la Reine de Hongrie, au 17 de la rue Montorgueil. |
||
Ouvert en 1770, ce passage permettait encore il n’y a pas si longtemps d’aller commodément à pied de la rue Montorgueil à la rue Montmartre – et inversement – mais il est aujourd’hui définitivement condamné. Il apparaissait nettement sur le plan de Jaillot en 1775, sans y être cependant nommé. Le nom inscrit au-dessus de la porte, qui permettait de le fermer la nuit, est lié à une anecdote que raconte Lazare. Comme la police leur refusait les avantages qu’elles réclamaient, les femmes de la Halle, n’hésitèrent pas à envoyer à Versailles une délégation. La délégation fut reçue par Marie-Antoinette et sa porte-parole retint l'attention de la reine. En effet, Julie Bêcheur – surnommée « rose de mai » en raison de sa beauté – ressemblait à la mère de la reine, Marie-Thérèse, reine de Hongrie.
L'aventure valut à Julie Bêcheur le sobriquet de Reine de Hongrie et le passage qu'elle habitait prit ce nom. En 1792, le passage de la Reine-de-Hongrie devint propriété nationale et fut débaptisé, devenant le passage Égalité. Ainsi que le stipule l'écrou des Madelonnettes, « Julie Bêcheur, dite Rose de Mai, demeurant, ci-devant de la Reine-de-Hongrie, accusée d'affection pour le ci-devant Roi et la femme Capet », fut guillotinée, de même que le propriétaire du passage, Daubancourt. Le passage retrouva son nom en 1806 jusqu'à l'entrée en guerre contre la France de l’Autriche-Hongrie, alliée de l’Allemagne : on martela le mot "Hongrie" sur le panneau situé à l’entrée du passage. |