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http://sitefrancoise.over-blog.com/article--nicolas-le-floch-en-4-dessins-.html Françoise Bonnefoy, née Budin, est une enseignante qui a étudié l'histoire à l'université de Dijon. Dans son blog, elle expose des "croquis rapides en réaction à des événements, des films, des spectacles ⦠ou des souvenirs". Voici comment elle commente sa démarche : |
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« Première raison : lâimaginaire de lâenfant qui vient au galop se cabrer devant un mur de feu ! |
Seconde raison pour aimer Nicolas Le Floch : sa découverte du monde impitoyable de lâadministration ! |
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Les années 60 mâont vu vivre sous le charme du quartier « Citadelle », dans une maison  tranquille avec un jardin. Un roncier de framboises y cachait une porte mystérieuse permettant dâaccéder au souterrain des vieux remparts. Quelques épisodes de cette vie ont été choisis pour être lus par Sapho et Lambert Wilson dans le cadre dâun spectacle, « Lettres à ma ville ». On peut les lire sur mon site : http://sitefrancoise.free.fr Jâavais en cachette mes calepins, mes cahiers secrets, tout un monde parallèle griffonné,  personnages surgis entre transistor et livres de classe : aventurières, cavalières, voire quelques extraterrestres ⦠Le jeudi et le week-end lorsque je bouclais mon sac de toile, je fonçais à vélo ou à pied au local des éclaireuses concrétiser mes rêves avec les fictions des grands jeux et les insignes cousus sur mes manches. Et le soir, pendant que les souris grignotaient sous les plinthes de ma chambre, à la lumière de ma lampe de bureau, je continuais dâécrire et de dessiner aux côtés de Paillard et Pébéo, Baignol et Farjon (mes peintures, mes fidèles crayons de couleur) ! Bien que jâaie fréquenté en primaire un atelier ouvert pour les enfants à lâécole municipale dâart, jâai surtout appris en travaillant seule avec mes BD préférées, et mes illustrateurs fétiches (Pierre le Guen, Luce Lagarde, Guy Sabran). Câest dâailleurs un métier issu de ces couleurs que jâaurais voulu faire. Hélas : voici le mur de feu qui me barre la route comme dans le dessin n° 2 ⦠le destin a voulu que mon père juge le dessin et lâécriture bien peu sérieux, et que je réussisse le concours dâentrée à lâEN ⦠|
En quittant sa Bretagne pour rejoindre les services de M. de Sartine, et apprendre à exercer sa charge de commissaire, Nicolas ressemble à tous ceux, fussent-ils J.-F. Parot ou moi-même, qui se destinent aux services de lâÃtat et sâapprêtent à en découvrir lâenvers du décor durant toute une vie. Les idéaux que lâon souhaite atteindre en Ãducation sont une chose, la passion pour une matière est une seconde chose, enseigner cette discipline en est une troisième â¦. Et la réalité du terrain en est une quatrième, et dernière, et incontournable ! Simplifier, adapter sans cesse, expliquer sans relâche, corriger toujours, tout le temps, dès quâon a expliqué ; changer son point de vue dâétude pour coller aux programmes officiels, faire comprendre à son public lâintérêt de comprendre une autre époque, et malgré tout sauvegarder le respect des enfants, défendre  la liberté de sa pensée ou de sa pédagogie devant ses supérieurs et les usagers : essentiel mais ⦠une gymnastique quotidienne, une infinité de "quadratures du cercle" à résoudre ! Nicolas sort de chez Vachon dans son bel habit noir aux liserés blancs, accompagné de son collègue fidèle et droit : câest ainsi que commence cette odyssée Le Floch. Cela matérialise pour moi le moment privilégié des débuts, lâascension rapide dans la carrière dâun jeune homme intelligent et zélé qui a tout pour réussir, encouragé par un environnement porteur ⦠Mais est-ce un environnement ami ? A quelles compromissions va-t-il devoir se plier ? Quelles méthodes utilisera-t-il ? Même les mouches seraient passibles de « la question » ! |
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Troisième raison : lâintérêt pour la langue, pour lâépoque, pour les romans de J.F. Parot, pour le scénariste qui les a adaptés, pour les acteurs qui ont incarné les personnages ⦠et pour le quartier historique de ma ville ! |
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En effet, à Chalon-sur-Saône, la vieille ville sâordonnance en deux moitiés : celle qui dépendait de la cathédrale sous la juridiction de lâÃvêque, et celle qui dépendait du "Châtelet" (petit château), sous la juridiction du Comte de Chalon et de la municipalité. Même si le quartier cathédral a bien changé, je garde le souvenir de ses ruelles pavées. On peut toujours y voir des cours intérieures et quelques "coupe-gorge" comme la rue du Blé. Que reste-t-il aujourdâhui du  "Châtelet" ? Une rue piétonne très commerçante qui porte ce nom, le donjon du Châtelet et, en son rez- de- chaussée ⦠la prison voûtée éclairée la nuit. Quand je dessine, câest souvent très vite, avec une idée fulgurante à faire passer sur le papier. Alors le 1er dessin a été inspiré directement par la série TV et le centre historique de Chalon que je suis allée revisiter ! Pour les autres dessins, câest la langue qui mâa portée. Lâépoque du XVIIIe me paraît être un choix extraordinaire car très riche, pour cause dâun univers « monarchie absolue à la fois très abouti et à la fois en agonie prêt pour les derniers sacrements ». Mon grand-père était Franc-Maçon, et câest le XVIIIe qui a vu naître et se développer les loges. Les expressions de Sartine y font allusion (« Priez le Grand Architecte ⦠» est devenue une expression-culte entre mes enfants et moi !). Lire "N. Le Floch"  a relancé ma curiosité pour la naissance de cette fraternité secrète  qui recoupe mes engagements passés et actuels dans le scoutisme français, lâÅcuménisme et lâinterreligieux. Les " Lumières", leur monde en recherche, leurs aspirations spirituelles et philosophiques, leurs découvertes et controverses (ah ! le "cabinet des curiosités" !) ... mais une société avec des travers décadents, le désenchantement général du peuple qui laisse présager des transformations radicales, son ignorance et ses préjugés (le chirurgien de marine face au docteur qui préconise la saignée, le personnage de Naganda), les superstitions (lâépilepsie, antichambre des enfers), la prolifération des sectes et chasses aux sorcières, les controverses entre foi et raison ! ... Dâoù le titre du dessin n° 3 : « N. Le Floch fait une plongée vers lâinconnu », avec la mention 666 sur le carnet qui ne le quitte pas et où il mémorise les moindres détails ! Dâoù le « ce nâest pas encore 1789 » : allusion à mon interprétation du devenir des personnages au moment où éclatera la Révolution. Que feront-ils ? Jâimagine des départs précipités vers lâétranger (Angleterre ? Amérique ?), des arrestations de "traîtres à la Patrie" (celle de La Borde, exécuté sous la Terreur). Que deviendra Bourdeau ? Je ne sais pas si je réaliserai dâautres dessins : selon les informations glanées ici ou là , les droits ayant été rachetés, Hugues Pagan élaborerait des scenarii qui ne calqueront plus exactement lâÅuvre de J.F. Parot. Jâai noté par exemple une inspiration : "les chasses du Comte Tzaroff" pour un futur épisode dit "Le grand veneur". Personnellement, jâattends dâabord la suite des livres ; mais je pense que la série TV est dâune très grande et rare qualité, je souhaite aussi évidemment en voir la continuation ! Et je fais partie des fans des groupes FB qui se constituent, à la fois sur la série et tous les acteurs. » |
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